TECHNIQUES ET REGLES

 

L’Élève de Tai Chi Chuan abordera successivement différentes étapes techniques qui le conduiront vers une pratique et une compréhension intégrales de l’art.

 

  • Les bases : il s’agit de la méditation (assise, en position du demi-lotus, ou debout) et d’exercices simples destinés à apprendre à respirer correctement (respiration abdominale), à mobiliser le Qi, à travailler le Yi, à relaxer le corps, à coordonner le mental et le physique.
  • Les Taolu (séquences de mouvements) : on se meut selon les mêmes principes que dans les exercices de base mais le tout en déplacement, en une suite ininterrompue de mouvements liés. Les mouvements contenus dans ces séquences portent des noms, qui font référence soit à des mouvements d’animaux, soit à des positions du corps, soit à des mouvements de combat.
  • Le tui shou (le “pousser des mains” ou les “mains collées”) : cet exercice pratiqué seul ou à deux constitue un stade technique plus élevé. L’intérêt est cependant évident : prenant contact avec une ou les deux mains sur celles du partenaire, il s’agit de lui faire perdre l’équilibre par poussées ou tractions, sans coups, sans utilisation des jambes et sans arm-lock, en contournant et en utilisant sa propre énergie. Cet exercice nécessite à la fois concentration, relaxation et timing. Il faut aussi garder le même rythme respiratoire que lors des taolu, lent et profond, tout en agissant plus vite. Il y a le tui shou conventionnel, leda lu (exécution à deux et en déplacement de mouvements à exécuter dans les quatre directions cardinales) et le tui shou libre. En y apprenant à utiliser le qi (énergie) à la place de la force (li), on peut le pratiquer jusqu’à un âge très avancé.
  • Le san shou (le “disperser les mains”) : étape ultime, synthèse de toutes les qualités développées jusque-là, combat libre incluant les techniques de tui shou, mais également toutes les techniques de projection et de coups frappés (poing, tranchant de main, pied, genou, coude, etc.). On utilise essentiellement des déplacements circulaires (et là le Tai Chi rejoint le Bagua), ce qui permet de ne concevoir les défenses qu’en esquive, les blocages étant considérés comme des temps morts, donc dangereux. Le san shou reste surtout défensif et n’est enseigné qu’aux étudiants confirmés. Mais il faut savoir que ce prolongement des taolu existe.
  • Les techniques annexes : il s’agit de la pratique des mouvements du Tai Chi avec des armes ou des instruments divers, tels l’épée (Tai ji jian), le sabre (Tai ji dao), le bâton (Tai ji gun), l’éventail (dont la pratique se développe récemment surtout chez les femmes, à travers des séquences créées par différents maîtres et dont les mouvements sont particulièrement esthétiques).

 

Les principales techniques sur lesquelles est basé le Tai Chi Chuan sont au nombre de 13 : soit 5 techniques pour les pieds et 8 pour les mains. Les techniques pour les pieds sont : avancer, reculer, tourner à droite, tourner à gauche et rester au centre. Celles pour les mains sont : parer (Peng), presser (Ji), tirer (Lu), appuyer (An), cueillir (Tsai), coup d’épaule (Kao), tordre (Lie) et coup de coude (Zhou).

 

On dit que les mouvements de Tai Chi chuan doivent découler comme une grande rivière, continue et calme, sans interruption. Le corps bouge avec un effort minimal musculaire, de façon détendue.

 

Les 10 règles de Tai Chi Chuan données par Yang Cheng-Fu (1883-1936) :

  • Mettre l’énergie au sommet de la tête, garder l’esprit vif et détendu
  • Rentrer la poitrine et étirer le dos
  • Relâcher la taille
  • Distinguer le plein et le vide
  • Baisser les épaules et les coudes
  • Employer la pensée et non la force musculaire
  • Relier le haut et le bas
  • Unir l’intérieur et l’extérieur
  • Bouger dans la continuité – sans interruption
  • Rechercher le calme dans les mouvements